à propos 

Jocelyne Besson Girard nous dévisage

Art contemporain Mauvaise Nouvelle http://www.mauvaisenouvelle.fr
Propos recueillis par Maximilien Friche 31 janvier 2021 

Les tableaux de Jocelyne Besson Girard commencent tous par des couleurs et des coulures. Et on ne perdra jamais de vue ce commencement. On observe plus qu’une patine, une véritable usure, presque une dégradation opérée par l’humidité, comme celle que l’on voit sur des fresques murales. Et pourtant, Jocelyne n’a pas cherché à anticiper le temps, à se projeter dans ce moment de grâce où le tableau commence à disparaître. Au contraire, cette dégradation apparente n’est pour elle que souvenirs. « Ce qui me plait dans ces tableaux détériorés, c’est que c’est comme la vie, la vie qui s’étale, je ne cherche pas à anticiper une dégradation mais au contraire à conserver visible tout le processus de création. Je ne veux pas le perdre. » Sur les traces du début, elle travaille au couteau. Il nous semble qu’elle retire en ajoutant. Les couleurs sont fondues dans un même bain. Jocelyne Besson Girard parvient à produire ce paradoxe d’impression de monochromeavec beaucoup de couleurs présentes. Il y a une immédiateté dans son travail. Celle qui serait incapable de travailler sur commande nous confie : « Si je fais une ébauche, je perds mon tableau. Je recherche la fulgurance. » Elle nous livre ainsi son sujet, et la création elle-même, avec tout ce qu’elle comporte d’inachevé. « La perfection n’est pas quelque chose que je recherche, cela ne m’intéresse pas beaucoup. (...) J’aime la peinture qui
parle. »

L’art est la traduction d’une obsession

La peinture de Jocelyne Besson Girard a connu plusieurs thèmes. Mais il y a un fil qui les relie, un fil rouge, un lacet. « J’aime travailler les thèmes de l’identité. Où on va, d’où on vient. J’ai beaucoup travaillé sur les racines. » Ses séries correspondent à des obsessions, elle y revient jusqu’au jour où elle se dit lassée. Peut-être le mystère est-il percé, peut-être l’artiste a-t-elle opéré sa mue. « J’arrête car ça a fini de me transformer. » Et pourtant cette question de l’identité continue son chemin et prend d’autres formes. Exit les lacets rouges, symboles de tout ce qui nous relie les uns aux autres et à l’indicible, Jocelyne campe sur le sujet des visages humains. Cela fait maintenant 20 ans que cela dure. Difficile d’en faire le tour. Impossible de percer le mystère d’un être. Peindre un visage, c’est opérer une mise en abîme entre l’artiste et le modèle peint. Insondable, le mystère ne fait que s’épaissir à mesure qu’on s’y penche, comme deux miroirs se faisant face. Jocelyne s’escrime pourtant à interpréter la réalité qui lui est donnée, à faire parler le modèle.

Figures dévisagées, visages défigurés

Il s’agit donc de visages. Mais quels visages ? Ils ont tous les traits si fins... Un peu androgynes, un peu sans âge. Ils ont un air sage, réconcilié, indifférent à leur dégradation visible, à leurs cicatrices conservées, au mal qu’on leur a fait. Leurs regards sont sachant, ils savent la misère de l’homme, ils en savent aussi la grandeur. Ils ont morflé mais sont encore présents pour nous transmettre l’existence en abondance, avec obstination malgré tout. Jocelyne Besson Girard le sait aussi, « On a toujours une partie de mystère en nous. Mes peintures, c’est comme la vie. Dans la vie, on a des secrets, on a des cicatrices en fait. » Jocelyne travaille des endroits très délicats sur les visages, elle met beaucoup de douceur pour nous les faire proches, malgré la gravité, malgré la profondeur, malgré les cicatrices.

Les visages féminins sont majoritaires dans les tableaux de Jocelyne Besson Girard. C’est qu’elle a un intérêt particulier pour le thème des violences faites aux femmes. Par identification peut-être, par expérience certainement, par souvenir de ces rencontres avec des femmes algériennes à qui elle donnait des cours d’alphabétisation. « Les femmes qui doivent faire beaucoup d’efforts pour exister... » confie-t-elle. Avec cet aspect cérusé, avec ces chevelures enveloppantes, avec ces grands yeux qui rappellent un peu l’Ancien Régime, les visages sont un peu une évocation des icônes. L’artiste s’explique : « Le travail autour des visages des femmes évoque forcément des figures saintes au sens où elles portent la vie, la fécondité. »

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"REGARDS D'ÉTERNITÉ" 

Aux prises avec le regard, avec le visage, avec le corps, l'oeuvre peinte et surtout gravée de Jocelyne Besson Girard est une quête de déchiffrement de sa propre énigme intérieure, d'exploration des circonvolutions de l'âme de l'essence profonde de l'Être.

Son art est une opération de sublimation de la matière inerte, pour en extraire un regard éveillé, une conscience claire d'être au monde, une mystérieuse vérité comme surgie d'un imbroglio intérieur et chargée de toutes les épreuves et émotions vécues. 
Le pouvoir de fascination de ces images, tient aussi de l'éclairante féminité qui en émane comme d'un phare d'éternité.

PIERRE SOUCHAUD - Critique d'Art, fondateur de la revue "Artension"

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"PORTRAITS ANONYMES" 

    

        C'est à une longue conversation 

        L’invitation charmantes et désuètes 

        Adresse unique à notre discrétion 

        Pleine de promesses muettes. 

        Dans un instant qui s'éternise 

        Ce regard et la proposition indécise 

        De ses pensées à suivre d'un fil rouge, 

        Délicate et tranquille, quand plus rien ne bouge 

 

        Elle est seule et loin des salons où l'on cause 

        Des classiques ou des modernes 

        Sous le feu croisé de navrantes balivernes 

        Toutes éteintes de ses lèvres closes 

        Fi de la philosophie et des boudoirs 

        Des assignations et des vicissitudes 

        Elle est tout entière à sa féminitude 

        Par les pensées et les manières de Beauvoir 

 

        Et même lorsque ces couleurs s'estompent

        Et que du noir hurle un silence sourd 

        Il y a t’à ses yeux de bons ressours 

        Qui jamais ne tarissent et ne trompent 

 

        

        Mais qui est cet ovale figure ? 

        Une nouvelle madone sans AVE

        À la mine d'une pointe grave et,

        Piquée de quelques rayures ? 

        Est-ce de l'acide la morsure

        Qui laisse deux points noirs à ses paupières

        Donnant un regard particulier à cette particulière

        Ou le vernis mou d'une mauvaise littérature ?  

 

        Quelle est cette mère pour ses fils le matronyme

        Si une invitation intime dans sa solitude

        Ne lève enfin toute incertitude

        Pour ne laisser que portraits anonymes.

 

Texte de Jean François Bottolier ADAGP- Artiste peintre 

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Démarche artistique

 

Mon travail se situe autour de l'essence de l'être. L’histoire de sa vie, sa trajectoire… dont la profondeur l’anime et le constitue, ses successions d’épreuves invisibles et mystérieuses, celles dont on ne parle pas, celles qui restent silencieuses. 

J’aime faire naitre sa résonance intérieure, sa sensibilité, ses états d'âme... Et si mon travail est la représentation de personnages la plupart féminins, c'est non seulement pour exprimer les étapes émotionnelles de sa vie, mais aussi pour dénouer un enchevêtrement de fils conducteurs aux extrémités abyssales.

Je dépeins ainsi de nombreux « visages » d’où émerge mon propre fouillis intérieur et je deviens la réalisatrice d’intimes longs voyages… 

Collection publique

 

        - Artothèque de Gleizé

 

 

Réalisation d’affiches

 

        - Création de la carte de voeux 2012 du Sénat - Paris 

        - Festival de Banne - Banne

        - Congrès sur l’allaitement maternel - Lyon

        - Théâtre de la Platte - Lyon

        - Balade musicale - Vaux en Beaujolais

 

 

Création et organisation d’évènements culturels

 

        Concerts et théâtre (en collaboration avec Rhône en scène Lyon) 

        Balade musicale - Vaux en Beaujolais et parcours artistique - Villefranche sur Saône

        

 

        

Formation     

 

        Autodidacte

        Je n’ai pas suivi un cursus artistique dans une école des Beaux Arts. J’ai travaillé           aux cotés de nombreux artistes peintres de manière informelle.

        

 

Résidence Gravure

 

        - Maison de l’Estampe - Ateliers Alma à Gleizé en Septembre 2016 - Mai, juillet et             septembre 2017 - Juillet et novembre 2018 - Février 2020.

© 2023 par Galerie Bastille. Créé avec Wix.com 

15, rue du Château 75001 Paris, France

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  •  Musée Raymond Lafage - Lisle sur Tarn - du 17 mars au 4 juin 2018

  •  Art Toulouse - Toulouse - 14 mars au 30 mars​

  •  Vienn'Art - Vienne - du 30 mars au 3 avril 

  •  Lyon Art Prospect - du 18 avril au 22 avril 

  •  Galerie d'art Christine DEOM - Chateau de la Chaussée - https://passions-art.com